Cet article reprend les idées d'un texte sur le jeu libre de Jane M. Jacobs, publié à l'origine dans Ideas and Insights, Montessori Services (2014), puis republié dans Montessori Life (hiver 2019, © American Montessori Society).
Jacobs défend quelque chose dont beaucoup d'entre nous se souviennent de leur propre enfance : des heures de jeu simple et libre, à la maison ou dans le quartier, sans qu'aucun adulte ne dirige l'activité. Dans le monde actuel des cours programmés et des activités orientées vers un objectif, il vaut la peine de se rappeler la valeur de simplement laisser les enfants jouer.
Son argument n'est pas que les parents doivent disparaître, mais qu'ils doivent préparer l'environnement, comme une guide Montessori prépare la classe — en proposant des jouets et du matériel adaptés à l'âge, disposés simplement et à portée de main — puis prendre du recul. Les enfants n'ont pas besoin d'une intervention constante des adultes pour apprendre ; le jeu libre est en lui-même une riche source de découverte, d'autorégulation et de créativité, et interrompre le projet d'un enfant pour « l'améliorer » peut lui donner le sentiment d'être jugé plutôt que compétent.
La forme de ce jeu évolue avec l'âge : un tout-petit peut nourrir une poupée ou charger un camion-jouet ; un enfant de trois ans peut jouer joyeusement aux côtés d'un ami sans beaucoup d'interaction directe ; les enfants plus âgés commencent à chercher des camarades de jeu et à négocier leurs propres règles. Le jeu coopératif se développe à son propre rythme et n'a pas besoin d'être forcé.
Le message central de Jacobs est simple : les enfants s'épanouissent sans une frénésie constante d'activités organisées. Réserver un ou deux jours par semaine à du temps véritablement libre peut réduire le stress de toute la famille — et laisser plus de temps pour simplement profiter de regarder un enfant jouer. Comme le disait Maria Montessori elle-même : « nos petits ont l'impression de faire continuellement des « découvertes » dans le monde qui les entoure ; et c'est là qu'ils trouvent la plus grande joie. »
Adapté de « It's OK to Stay Home and Play » de Jane M. Jacobs, MA, thérapeute conjugale et familiale agréée et consultante pédagogique chez Montessori Services, certifiée AMS en petite enfance. Publié à l'origine dans Ideas and Insights (Montessori Services, 2014) et dans Montessori Life (hiver 2019, © American Montessori Society).